Entre Greecebashing et Grexit : gardons-nous des comparaisons hâtives

GrexitMichel Sapin était ce matin l’invité de France Inter pour évoquer l’avancée des négociations sur la Grèce. Alors que nous entrons dans la dernière ligne droite pour éviter le défaut de paiement,  la responsabilité du Fonds Monétaire International (FMI) et la question de la restructuration de la dette sont remises une nouvelle fois sur la table.

Le ministre a fait à l’antenne un parallèle avec l’Argentine pour le moins erroné en déclarant que l’Argentine, pays qui avait par le passé bénéficié de l’aide internationale du FMI, avait interrogé sa directrice générale en lui demandant : « pourquoi  êtes-vous plus flexibles avec un pays européen que vous ne l’avez été avec nous ? (…)Pourquoi est-ce que vous êtes plus gentils sous prétexte qu’il s’agit d’Européens, de Grecs que vous ne l’avez été avec nous ?».

Il est ici important de clarifier la position de l’Argentine, qui contrairement à ce qu’a pu avancer le ministre dans ses propos, n’a pas soutenu le FMI mais bien plutôt Alexis Tsipras, comme en témoignent les propos du chef de cabinet de la Présidente Kirchner, Aníbal Fernández : « La crise de la Grèce ressemble fortement à celle de chez nous. Mais ce que je veux exprimer avant tout, c’est ma solidarité avec le peuple grec et avec son gouvernement, qui continue sûrement à mener les choses comme il correspond, en évitant que les situations soient plus compliquées. »

Il a par ailleurs ajouté que les autorités grecques « devaient prendre une décision », tout en rappelant à juste titre que « cela a été provoqué par les ajustements exigés par le FMI. D’où ma solidarité avec le peuple et le gouvernement de Grèce. Ils les ont obligé à prendre des décisions comme baisser les retraites ou la réduction des dépenses publiques dans certaines choses ridicules. »

Pour réécouter les déclarations de M. Sapin sur France Inter, rendez-vous sur ce lien