CETA : Expulsion de José Bové par le Canada. Pas de libre expression sur le libre-échange !

LES VERTS logoCommuniqué de presse

Bruxelles, le 12 octobre 2016

Le Président du groupe Verts-ALE vient d’adresser une lettre (voir ci-après) au Président du Parlement européen, Martin Schulz suite à la décision des autorités canadiennes d’interdire au député Verts-ALE José BOVÉ l’accès à leur territoire.

José Bové était invité à Montréal par le Conseil des Canadiens, le Réseau québécois sur l’Intégration continentale (RQIC), Vigilance OGM, l’Union nationale des fermiers, l’Union paysanne et Stop oléoduc pour intervenir sur l’accord de libre- échange CETA que l’UE et le Canada s’apprêtent à signer le 27 octobre UE (CETA ).

Déclaration de Philippe LAMBERTS, Président du groupe Verts-ALE :

« Cette expulsion injustifiée de José Bové n’est pas un fait mineur. Elle montre l’inconfort de dirigeants qui s’apprêtent à signer le 27 octobre un accord de libre-échange de plus en plus contesté. Mais il fallait quand-même oser en arriver à la censure du débat  ! Pour les défenseurs du CETA, la liberté concernerait avant tout les biens  et services , pas les individus ni leurs déplacements sur le territoire canadien.

Faudra-t-il bientôt décréter des variantes de l’État d’urgence pour que le libre-échange puisse suivre son cours sans être entravé par la liberté d’expression ? »

philippe-lamberts

Monsieur le Président,

Cher Martin,

Ce matin, nous avons été stupéfaits d’apprendre que notre collègue José Bové, qui se rendait au Canada pour participer à des activités en lien avec le projet de traité CETA, a été arrêté à son arrivée à l’aéroport, assigné à résidence dans un hôtel en attente de son expulsion, qui devrait avoir lieu plus tard dans la journée.

Nous estimons que notre Parlement ne peut rester sans réaction face à cet acte unilatéral du gouvernement canadien. En effet, les motifs invoqués sont des condamnations de José Bové pour des actions passées (fauchage d’OGMs et “démontage” d’un McDonald’s en France), actions passées qui n’ont jamais été considérées légalement comme susceptibles d’invalider ni sa candidature ni son élection au sein de notre assemblée. Il est dès lors incompréhensible qu’elles soient considérées par un gouvernement présenté trop souvent comme “ami” et “allié” de l’Union Européenne comme motif d’expulsion.

Ce geste inamical jette une lumière crue sur le langage d’ouverture et de libre circulation pratiqué sans limites tant au Canada qu’en Europe pour justifier un accord qui va bien au delà du libre échange. A nos yeux, aucun projet politique ne peut craindre le libre débat démocratique.

Nous attendons de votre part, en tant que président du Parlement Européen, une réaction ferme à l’égard du gouvernement canadien.

Amicalement, met vriendelijke groeten, mit freundlichen Grüssen, best regards, cordiali saluti

Philippe Lamberts MEP

Ecolo (Belgium)

Co-President of the Greens/EFA Group in the European Parliament