Crise des réfugiés au centre du débat

Crise des réfugiésUn afflux sans précédent de réfugiés aux zones frontalières européennes semble menacer le projet européen dans son ensemble : quelle solidarité partagée et politique d’accueil pour les réfugiés ? Quelle répartition équitable au niveau de l’UE pour les demandeurs d’asile?

Notre Union de 500 millions d’habitants, l’ensemble le plus riche de la planète, ne serait-elle donc pas capable d’accueillir 2 millions de réfugiés ? Cet accueil coûterait  30 milliards d’euros par ans soit 0,2 % du PIB de l’Union.

La question des réfugiés est au cœur de mes travaux de Présidente de la commission des Affaires européennes de l’Assemblée.

Pas plus tard qu’hier, nous avons ainsi auditionné Mme Mathilde Berthelot, responsable de programmes de Médecins sans frontières, sur les flux migratoires en Europe.

Les équipes de MSF sont venues en aide auprès de 23 000 personnes en détresse grâce aux opérations de recherche et de sauvetage en mer Méditerranée qu’ils ont mené.  Leurs témoignages nous permettent de mieux appréhender la réalité du terrain.

Je vous invite à cet égard à revoir cette audition que vous trouverez en cliquant sur ce lien.

La crise des réfugiés est révélatrice de l’inefficacité des politiques européennes en matière de migration et d’asile où la tentation de l’Europe forteresse n’est jamais loin.

Un sommet européen s’ouvre aujourd’hui où cette question sera au centre des débats.

Que dire de l’accord entre l’Union européenne et la Turquie dont le régime autoritaire est loin des valeurs démocratiques fondamentales de l’Europe ?  Les États membres semblent prêts renoncer à leurs principes et à finaliser avec la Turquie un marchandage indigne : “Un Syrien renvoyé contre un Syrien réinstallé”, le tout assorti de 3 milliards d’euros supplémentaires dont la destination reste inconnue.

300 millions accordés à la Grèce d’un côté et près de 6 milliards à la Turquie de l’autre pour sous-traiter ces réfugiés, c’est la politique du deux poids deux mesures qui nous est ici proposée.

La Grèce et l’Italie sont les pays les plus fragilisés par cette crise et déjà les plus touchés par la crise de l’euro : la Grèce accueille en effet à elle seule plus de 45 000 réfugiés et migrants sur son territoire.

Si la Grèce devrait être financièrement aidée, faut-il pour autant la transformer en un gigantesque camp de migrants et de réfugiés, barricadée dans des frontières que ses partenaires voudraient croire étanches ?

Quelle réponse concrète l’Europe apporte-t-elle donc pour répondre au scandale politique et humain des naufrages successifs en mer Méditerranée ?

Un rapport d’information de mes collègues MM. Joaquim Pueyo et Yves Fromion sur l’opération PSDC dite “SOPHIA” des forces navales européennes en Méditerranée, a été présenté le 8 mars dernier à notre commission.

S’il est nécessaire de renforcer la lutte contre les passeurs en s’attaquant au démantèlement des filières, la seule réponse ne peut être uniquement celle d’une coordination policière et militaire. Seule l’ouverture de voies sûres et légales d’accès permettra une résolution durable de la crise actuelle.

C’est en ce sens que je suis intervenue avec le soutien de Jean-Louis Roumégas pour amender le projet de conclusions de ce rapport en y ajoutant la nécessité d’une coordination politique pour réguler et ouvrir des voies légales d’accès ainsi que la nécessité d’une opération européenne de recherche et de sauvetage en Méditerranée, seule à même de répondre à l’urgence humanitaire.

Vous pouvez également revoir les débats en vous rendant sur ce lien.

A mon initiative, un débat sur l’accueil des réfugié-es en Europe sera en outre organisé le 31 mars prochain à l’Assemblée.